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Lundi 24 juillet 2006

Suite au petit tour dans le Sichuan, me voilà arrivé le matin à Xi’an ( 西安qui veut dire « calme de l’ouest », mouais…). Déjà la première surprise quand on sort de la gare, on se trouve directement à coté des remparts, ensuite il pleut ce qui transforme la parvis en véritable piscine vu qu’en Chine les rues ne sont pas construites de façon à évacuer l’eau facilement. Et enfin, il y a un monde fou pour prendre mon ticket pour Nanjing (car plus question de me faire avoir comme la dernière fois !). Bref, après ces premiers contacts pas très chaleureux avec cette ville, je pars en direction d’une auberge, mais sur la route j’en croise une autre, pas connue, mais qui a l’air propre, pas chère et bien située. Je décide de m’arrêter là et je n’ai pas été déçu pour 35 ¥ la nuit.

 

Je pars donc en direction du centre, de la ville « intra-muros », qui à première vue ressemble à toutes les villes Chinoises (ça ne m’étonne plus). Je descends à la tour de la cloche pour me balader. Il pleut, mais je décide quand même de me balader la journée en ville, je commence par le quartier musulman qui est de loin le plus intéressant de la ville, il se situe juste derrière la tour du tambour avec des lieux à touristes, mais aussi des ruelles plus authentiques. J’ai commencé par une rue qui devait être la rue des bouchers, ils vendaient quasiment tous la même chose, je pense que c’était du poumon à moitié séché, ça traînait partout, l’odeur était infecte, ça donne vraiment envie de devenir végétarien ! J’ai épargné de mettre une photo, je me suis contenté d’un étal de boucher plus soft…

 

Ensuite je suis allé voir la grande mosquée de Xi’an, enfin il faut savoir que c’est une mosquée, car même placée au cœur du quartier musulman, cela ressemble à un banal jardin Chinois, il y a juste au fond du jardin un espace prière, avec aussi quelques inscriptions en arabe sur les murs. On y croise les papys qui vont à la prière, ils sont reconnaissables à leur petit chapeau blanc, ainsi qu’une petite barbe pour ceux qui peuvent ! Le mélange des cultures est intéressant à voir, même si au final il y a très peu de place pour l’architecture musulmane !

 

Je continue ma balade dans ce quartier, il y a beaucoup de coins touristiques, mais lorsqu’on s’en éloigne, on découvre une autre vie, celle de la communauté hui (musulmane). Les rues sont plus authentiques, de vieilles maisons, de petites mosquées cachés entre 2 immeubles, des marchés, des grillades à chaque coin de rue, voir même des poules ou des chèvres qui se baladent alors qu’on est au cœur d’une grande ville ! C’est très dépaysant et cela change un peu, je goûte à quelques spécialités des marchants ambulants, comme du riz gluant trempé dans une sauce noire parfumé à la rose, on mange ça sur des bâtonnets, c’est très bon.

 

Je finis quand même par en avoir marre de cette pluie qui ne s’arrête pas et je décide d’aller au musée d’histoire de Xi’an (陕西历史博物馆). C’est assez intéressant, tout est placé sous un ordre chronologique, mais j’ai toujours l’impression de voir les mêmes choses ! Il y a beaucoup de poteries, statues… Mais rien de vraiment extraordinaire, c’était l’histoire de passer le temps pendant qu’il pleut dehors !

 

Le soir j’ai pu goûter quelques spécialités du coin comme les grillades et un délicieux hot pot. Par contre pour les brochettes j’ai eu des surprises, il y en avait avec de l’estomac ! D’un doté cela ressemble à de la viande, de l’autre on voit les villosités de la poche de l’estomac, ça avait l’air bon, mais je pouvais pas manger en savant ce que c’est ! Je me suis tenu à la viande simple, bien sur il n’y avait pas de porc, on est dans le quartier musulman ! Le hot pot était vraiment très bon, dans ce restaurant on choisi les ingrédients sur une brochette, et chaque brochette coûte 0,2¥, à la fin du repas ils comptent combien il y a de brochettes pour nous donner l’adition. On s’en est tiré pour 15¥ à deux, c’est pas cher et vraiment très bon, bien meilleur que ceux goûtés à Nanjing.

 

Le lendemain, levé de bonne heure pour aller voir l’armée de soldats enterrée (兵马俑), je prends le bus 306 à la gare qui emmène directement à ce site à une heure de la ville, j’évite aussi les rabatteurs qui essayent de te convaincre de prendre leur minibus en disant que le 306 n’existe plus, ou d’autre conneries dans le genre. J’arrive de bonne heure, les touristes ne sont pas encore arrivés en masse et il pleut comme d’hab ! Mais ce n’est pas grave car tout se passe à l’intérieur. J’arrive à avoir un demi-tarif sur l’entrée avec ma carte d’étudiant alors que c’était pas possible au départ (45 au lieu de 90¥, les prix des visites ont considérablement augmenté en Chine, et montrer une carte d’étudiant permet d’avoir en général un demi-tarif, à défaut, il suffit de montrer tout ce qui ressemble à une carte d’étudiant comme la carte orange, la carte d’identité marche aussi, vu qu’il ne savent pas lire le Français, ils ronchonnent quelque temps mais finissent par accepter la plupart du temps !).

 

Je pars donc en direction du hangar n°1, le plus impressionnant, et le plus grand. Les explications sont assez succinctes, il y a surtout à regarder cette armée qui se dresse sous nos yeux. Seulement une petite partie a été mise à jour, la plupart du site est encore enterré ou volontairement laissé sous terre pour les protéger. Les soldats sont à taille humaine, ils portaient tous des armes encore aiguisées au bout de 2000 ans et aucun visage ne se ressemble. Les fouilles sont loin d’être terminées, cela fait trente ans que ça dure, et ils estiment qu’il y en aura encore pour 50 ans ! Aujourd’hui il y a 6000 soldats de découvert, dont une partie est visible pour le publique, le but de cette armée était de protéger l’empereur Qin Shihuang (秦始皇) dans l’au-delà, mais vu la distance importante entre le tombeau et les soldats, il y a peut être encore beaucoup de choses à découvrir. Autour de ce hangar, il y en a deux autres plus petits d’intérêt moindre, et un musée où sont exposés des chariots et chevaux de bronze vraiment magnifiques, ceux en bois on depuis longtemps été détruis.

 

Après 2 heures de visite, je rentre en ville pour me balader et faire quelques sites comme monter sur les remparts de la ville. Xi’an est entouré de 14Km de remparts, on peut s’y balader et même y faire du vélo, c’est large comme une nationale ! Il y a différentes portes pour y accéder, je me suis contenté de la Nord et de la Sud. Ensuite je suis descendu pour aller au musée de la forêt de stèles tout proche, cela regroupe en fait plusieurs gravure sur de grande stèles, il y en a environ 3000 (je trouve ça un peu exagéré !). Ce qui est sympa, ce sont les copies que l’on peut acheter, ils disposent une grande feuille de papier dessus, et passent un rouleau encreur ce qui laisse les endroits gravé en blanc, c’est assez joli. Je rentre ensuite me coucher crevé après avoir fait quelques photos de nuit.

 

Le dernier jour est arrivé, il me reste une bonne matinée à occuper avant de prendre le train à 15h pour rentrer à Nanjing. Je pars donc en direction du village néolithique de Banpo à l’extérieur de la ville, il est disposé sous un hangar à la façon armée de soldats enterrés. C’est un site plutôt rare car on y voit les traces de vie d’un village datant de 6000 ans, des sépultures, des poteries, etc… Ils maîtrisaient déjà très bien l’art de la poterie, et on peut voir apparaître sur certaines des ébauches d’écriture Chinoise. Ensuite je suis rentré en ville manger et visiter la tour de la cloche qui se trouve en plein centre. J’ai eu la chance d’arriver à la bonne heure pour assister à un spectacle de musique traditionnelle comme on en rencontre souvent dans ce genre d’endroits.

 

Après tout ça, il ne me reste que peu de temps pour acheter quelques souvenirs au quartier musulman, c’est le lieu où l’on en trouve le plus et le moins cher y parait. Pour les prix, ce n’est pas vraiment moins cher, mais j’aime bien cette ambiance de bazar. J’achète quelques trucs (un peu lourd !) et je prends vite un taxi pour arriver à l’heure à la gare, malheureusement j’oublie d’acheter des pâtisseries arabes que j’avais beaucoup aimé la vieille.

 

La petite surprise du trajet à été l’heure d’arrivée du train, je pensais naïvement arriver le lendemain matin à la fraîche, mais il arrivera seulement le lendemain à 17h ! Plus de 26h de voyage car c’est un train lent, donc il s’arrête en permanence dans les gares et dans des voies de garage pour laisser passer les trains rapides ! Finalement ça allait, j’ai rencontré quelques Français avec qui discuter (ils sont partout en ce moment !) et une Chinoise d’une trentaine d’années qui parlait très bien anglais. La discussion était vraiment insolite, car cela a tourné aux relations de couple vu qu’elle allait rencontrer son nouveau petit ami ! Mais c’était plutôt affligent de voir que je lui apprenait des trucs simples de la vie comme si elle avait 15 ans…

par Laurent publié dans : Voyages
Samedi 22 juillet 2006

Alors voilà, c’est partit pour un petit voyage dans l’ouest de la Chine, au programme Chengdu (成都) et ses alentours et Xi’an (西安) au retour. Le voyage en train pour aller de Nanjing à Chengdu est relativement long, environ 36 heures pour effectuer 1700Km, soit 2 nuits et une journée. Mais c’est finalement pas si dur, il faut juste s’occuper une journée, on a toujours l’occasion de discuter, lire, écouter de la musique, j’ai même essayé d’apprendre à jouer aux cartes avec des Chinois, c’était une sorte de belote ou l’on pouvait faire n’importe quoi !

Le paysage est intéressant à regarder, malgré le mauvais temps tout le long et la clim à fond dans le compartiment sans pouvoir la régler. Ensuite les repas occupent aussi, finalement j’aime bien m’installer tranquillement au bord de la fenêtre, manger mes nouilles et regarder le paysage, on ne voit pas le temps passer. Bref, au petit matin j’arrive enfin à Chengdu, la gare est immense, et le temps nuageux…

 

J’achète un plan et je me dirige à pied vers le centre pour me rendre compte des distances, je m’arrête en chemin dans le temple Wenshu (文殊院), l’histoire de me poser et de voir autre chose que des buildings car pour l’instant, la ville n’a rien d’attirant. Il est encore assez tôt, ce qui me permet de voir les papys et mamys qui font leur gym, dont un qui restait scotché à un arbre, je ne sais pas trop ce qu’il faisait ! Après cette petite pause je repars en direction de l’auberge de jeunesse pour prendre une chambre, j’ai finalement été surpris car la chambre donnait sur un petit jardin, dans de vieux bâtiments d’architecture chinoise, c’était très agréable et calme ce qui m’a donné un peu le moral pour repartir !

 

L’après midi était destinée à découvrir la ville, ce qui à été décevant, partout dans les guides ont parle de Chengdu connue pour son atmosphère agréable, pour ses loisirs… Tout ce que j’ai vu, c’est une grande ville inhumaine, aucun vieux quartier n’a survécu, il n’y a plus rien à voir. Il reste juste quelques parcs, ou l’ambiance est plus décontractée avec les maisons de thés disposés partout. On s’installe où l’on veut dans le parc, et on joue aux cartes, ou au mah-jong tout l’après midi en agitant son éventail.

 

Par contre j’avais réservé pour le soir une place pour aller voir un spectacle traditionnel du Sichuan. Et je n’ai pas été déçu, bon la salle était remplie d’étrangers, mais on à eu droit à un panorama des différents arts de la région, des danses, de la musique, des acrobaties, de l’opéra… et surtout les changements de masques, j’étais spécialement venu pour voir ça, et j’ai beaucoup aimé. Le principe est de danser, et changer de masque de façon très rapide, ils passent juste en ¼ de seconde la main devant le visage pour que le masque change, c’est très impressionnant, le plus fort arrive même à changer en donnant juste un coup de tête sans jamais cacher son visage. Le secret est très bien gardé car il ne se transmet que de père en fils depuis des générations.

 

Le lendemain matin, je pars de bonne heure en direction du centre de recherche sur le panda au Nord de Chengdu. C’est le seul endroit où l’on peut en voir dans un cadre relativement correct, car il existe aussi des réserves naturelles ou il est théoriquement possible d’en voir, mais même les scientifiques mettent des jours à en retrouver la trace. Quand on arrive c’est l’ouverture, il n’y a personne et les pandas sont encore dehors car il ne fait pas trop chaud. J’ai donc pu les voir s’essayer à grimper aux arbres ce qui n’est pas évident vu leur morphologie, mais ils ne sont jamais tombés ! Il y a aussi la possibilité de faire une photo dans les bras du panda ! J’étais étonné au départ, mais il font ça pour récupérer des fonds, et avec un panda trop habitué à la captivité qui pourra jamais redevenir sauvage, j’étais vraiment tenté car c’est une expérience unique, mais quand ils m’ont dit le tarif, c’était pas possible, 400¥ par personne ! En même temps je comprends, car sinon tout le monde le ferait, mais j’étais un peu déçu ! On peut aussi voir dans ce centre des « petits » pandas, je ne connais pas le nom en français, ils sont aussi très mignons et de couleur orange (en fait panda veut dire en Chinois « grand ours chat », et l’autre s’appelle « petit ours chat »). Ce centre comprend une quarantaine d’individus, même si on ne les voit pas tous, il est chargé de la reproduction de cette espèce, donc si on vient en automne, on peut voir des nouveaux nés à la nurserie !

 

L’après midi je pars en express pour aller voir le grand Bouddha de Leshan (乐山), je prends un vélo taxi, direction la gare routière et achète un billet pour Leshan avec un bus qui part dans 15min. Le trajet dure environ 2h, on traverse de beaux paysages, et de jolis villages, je regrette de ne pas avoir plus de temps pour y aller. Arrivée à Leshan, je n’ai qu’environ 4h pour aller au site, visiter et revenir, c’est un peu juste mais suffisant pour voir les principales attractions. En fait ils devraient appeler ça bouddha land, car autour du grand bouddha (大佛), ils ont aménagé beaucoup de temples, des bouddhas sont installés partout dans la montagne, c’est assez agréable car dans la forêt et on peut y passer une journée sans problème. Bref, le grand bouddha est bien sûr impressionnant, c’est le plus grand du monde, plus grand encore que ceux détruits en Afghanistan par des abrutis. Il fait 71m de haut et donne sur la rivière, il a été construit en 713 pour protéger les marins des tourbillons de la rivière, et ça à marché car les roches extraites on bouché les trous au fond de la rivière, et donc elle fut moins dangereuse. On peut bien le voir si on prend un bateau, mais je n’avait pas temps pour ça, je suis donc rentré en vitesse à la gare, pour prendre le dernier bus pour Chengdu, et me coucher fatigué sans avoir de billet pour Xi'an !

 

Le lendemain, je pars activement à la recherche d’un billet, tout est complet pour les prochains jours, mais finalement j’ai réussi à obtenir une place pour le jour même car il y a eu des désistements. Je décide de la prendre, même si ça écourte mon voyage car les places sont rares pour aller à Xi’an ! Donc il reste à trouver quelque chose à faire avant de partir l’après midi, je décide d’aller voir un musée des minorités, et après avoir déambulé un bon moment dans l’université, le musée était finalement fermé pour rénovation ! Je décide donc de m’installer au parc tout proche pour prendre un thé. En regardant le guide, je remarque que j’ai le temps d’aller faire un tour au « quartier tibétain », mais en arrivant sur place il ne reste plus grand-chose, seulement un quartier à touristes à la façon Fuzimiao. Une architecture chinoise qui regroupe des boutiques, restos et bar pour la clientèle aisée de Chengdu, rien de très intéressant.

 

J’arrive finalement dans le train pour Xi’an, seulement une nuit cette fois-ci, mais pas très reposante car ce train n’a pas la clim, il doit dater des années 50 ! On a fait le voyage les fenêtres ouvertes avec la pluie qui rentre à l’intérieur ! Sans parler du problème de dormir avec tout le bruit que cela engendrait ! Pour résumer, la ville de Chengdu n’est vraiment pas agréable, il n’y a pas grand-chose à faire, tous les vieux quartiers sont rasés, ce n’est plus qu’une grosse ville d’immeubles, et les habitants se réfugient les parcs qui restent pour se détendre. Les commerçants ne sont vraiment pas sympas, ils prennent les touristes pour des vaches à lait et les prix ne sont jamais négociables. Par contre il y a de supers ballades à faire dans la région, les parcs naturels sont magnifiques, mais il faut plus de temps et ne pas être seul.

par Laurent publié dans : Voyages
Lundi 17 juillet 2006

Ce massif montagneux est beaucoup moins connu que les fameuses Huang Shan (黄山 montagnes jaunes) et pourtant ce n’est pas moins intéressant. Il est situé en fait dans la même zone de la province du Anhui (安徽), mais plus au Nord, donc plus facile d’accès depuis Nanjing. J’ai donc décidé d’aller y faire un tour un week-end, car même si c’est moins spectaculaire que les montagnes jaunes, cela apporte l’avantage d’être beaucoup plus tranquille ! Pas de bousculade, on est la plupart du temps du seul pour profiter du paysage.

 

J’ai donc pris le bus de bonne heure, le départ se fait à 6h30 d’une gare routière de Nanjing pour à peut près 4 heures de route. Bon, comme beaucoup de voyages en bus, les horaires ne sont pas fixes car cela dépend du nombre de personnes qui va monter en route ! En effet, tant que le bus n’est pas plein, il va prendre des « auto-stoppeurs » qui vont bien sûr payer le voyage en fonction de la destination ! Et il n’est pas rare de s’arrêter en pleine autoroute pour que quelqu’un descende ou monte ! Bref il faut être patient et partir dans l’esprit que cela fait partie du voyage sinon on perd vite patience ! Par contre, ils abusent un peu des fois, car on à croisé quelqu’un qui était monté sur un pylône haute tension pour se suicider à coté de la route, la police et les pompiers étaient là avec la grande échelle pour aller la chercher, et bien sûr, tous les gens du coin s’étaient arrêtés pour regarder. Le pire c’est que le chauffeur ne s’est pas seulement contenté de ralentir et regarder, il s’est carrément arrêté sur la route et descendu 5 min pour regarder !

 

Bref, après 4 heures et demie, on arrive dans une ville, le chauffeur me dit de descendre et de prendre le taxi qui m’attend car je suis le seul à aller à Jiuhuashan, et ça ne l’arrange pas de faire le détour. Me voilà donc partis en taxi dans une autre direction, j’arrive à la gare routière, ou j’achète mon billet d’entrée pour la montagne (70¥ au lieu de 140¥ pour le plein tarif car je suis étudiant) et mon billet de bus pour le retour le lendemain. Depuis cette gare des navettes font l’aller-retour pour aller dans le village de Jiuhuashan, mais le taxi veut m’y emmener gratuitement et me déposer à un hôtel (je comprends tout de suite la combine, mais je n’ai pas beaucoup de temps à perdre non plus, donc je le suis). Après discussion, je prends finalement la chambre, elle est propre et à un prix raisonnable, donc je décide de ne pas perdre plus de temps avec ça car il est déjà 13h !

 

Me voilà enfin partis à l’assaut de la montagne, je remarque d’abord que les touristes n’arrivent pas en masse, même pas un groupe organisé chinois ! Le rêve ! Il y a aussi très peu d’étrangers, la population est plutôt surprise d’en voir et me demande sans arrêts d’où je viens. En fait ces montagnes sont parsemées de temples, la plupart des visiteurs viennent ici en pèlerinage, ou prier dans certains temples quand une personne proche est morte. Très peu viennent pour le paysage, ça laisse beaucoup d’espace pour découvrir la montagne et être tranquille.

 

Les chemins comme souvent en Chine sont plus que bien aménagé, ce sont de véritables voies romaines en pierre, et cela consiste la plupart du temps à monter un escalier sans fin ! C’est donc assez fatiguant, mais cela reste accessible à tout le monde, il suffit juste d’avoir un peu d’endurance. Par contre, le temps n’était pas trop avec moi, c’était assez couvert avec un petit crachin de temps en temps, mais au final cela donne aussi de très beaux points de vue avec les montagnes dans la brume, et cette pluie me rafraîchissait dans la montée, très agréable !

 

Donc l’après-midi j’avais décidé de juste faire un tour sur la montagne qui entoure la ville, car le temps me manquait et le temple le plus haut (Tiantai 天台) était littéralement dans les nuages. On croise donc de nombreux sites pour la prière et aussi de nombreux vendeurs d’encens et divers accessoires pour aller au temple. Une fois arrivé en haut, la vue est magnifique, le paysage est en perpétuel mouvement avec ces nuages qui emprisonnent les sommets. C’est très vert et l’on peu voir les différentes strates forestières avec les bambous au font de la vallée, et les pins en haut des montagnes. Une petite chose amusante, ce sont les cadenas que l’on retrouve accroché le long des escaliers, ils sont déposés par les personnes qui viennent en couple, ils achètent un cadenas qu’ils gravent à leurs noms, et le ferme en haut de la montagne pour que leur amour dure toujours…

 

Au bout de 3 heures, je redescends tranquillement vers le village, l’histoire de voir un peu les rues, et trouver un endroit pour manger. Malgré l’afflux de touristes, le village a gardé une certaine atmosphère, il y a beaucoup de boutiques qui vendent de l’encens, et mis à part les travaux de rénovation de voirie en ce moment, la place principale est assez agréable. Beaucoup de gens vivent ici, il y a une véritable vie locale, et il suffit de demander dans la rue pour trouver facilement quelqu’un qui pourra nous héberger ou faire à manger chez lui. Au milieu de cette place se trouve un petit étang remplit de poissons rouges et de tortues, en fait c’est apparemment un pratique bouddhique de relâcher des animaux dans la nature, alors certains marchands autours vendent des poissons et tortues pour que les visiteurs les « relâchant » dans cet étang grouillant de bestioles !

 

Le lendemain, je me lève tôt à nouveau pour prendre la première navette de 6h30 qui m’emmène au téléphérique. Il n’y a pas beaucoup de monde et je suis le premier à monter dans la cabine et à arriver en haut ! Tout est calme et le temps est magnifique, je vais pouvoir profiter de quelques rayons de soleil pendant 2 heures avant que les touristes et nuages arrivent pour envahir le sommet !

 

Je décide de faire un tour au lieu d’aller directement au temple, j’ai rencontré personne sur cette route mis à par au sommet des morceaux de tissus de toutes les couleurs que certaines personnes viennent déposer ici au vent pour que les morts aillent au paradis. J’arrive donc finalement à ce temple perché en haut de la montagne, bon il n’a rien de spécial, à part le fait qu’il a fallu un travail de titan pour le construire à cet endroit. Le point de vue est sympa, mais se couvre très vite, je décide donc maintenant de descendre la montagne à pied car il faut environ 2h et le temps est juste pour prendre mon bus afin de rentrer. Il y a environ 4000 marches à descendre, et c’est plutôt éprouvant pour les genoux !

 

On rencontre quelques courageux qui font la montée, même des personnes âgés qui s’arrête toutes les 10 marches pour s’incliner et prier ! Il y a aussi pour les feignants les chaises porteurs, personnellement j’aurais pas trop confiance, et c’est vraiment un travail de dingue pour récupérer seulement 80¥. Il y a aussi tous les services de livraison pour construire les temples, la nourriture, et divers objets ! Il montent sans arrêts des sacs de riz, de ciment, de briques, machines à laver ou plaques de marbres… Cela coûte moins cher que de les mettre dans le téléphérique…

 

Bref, j’arrive enfin vers 11h au fond de la vallée, je décide de m’arrêter manger car beaucoup de maisons proposent des plats pour moins cher qu’en ville. En plus les légumes viennent du jardin, et la pousse de bambou, elle est allée la chercher dans la forêt juste à coté ! C’était très bon, mais je n’ai guère le temps de flâner et profiter de la vue, il faut que je rentre vite au village prendre mon bus.

 

Le voyage de retour n’était pas plus reposant, on est pourtant partit plein, je me suis dis, chouette, on ne va pas s’arrêter pour prendre d’autres personnes, sauf que j’avais pas vu qu’il y avait quelques tabourets dans l’allée ! On a donc pris des passagers supplémentaires assis dans le couloir alors que c’est interdit ! Donc à chaque fois qu’ils passaient une voiture de police, ils devaient se coucher pour ne pas qu’il soient vus ! C’était à mourir de rire, mais en même temps j’attendais que ça qu’il se fasse chopper car c’était super dangereux. A la sortie du péage, un policier nous arrête, le chauffeur n’avait pas l’air content, mais moi si ! Il descend pour contrôler les papiers, et un policier monte et prend une photo pour constater l’infraction. Après quelques minutes, on repart pareil, et les passagers en trop ne sont pas contraints de descendre ! Le chauffeur a apparemment payé une amende et est repartit sans son permis ! La suite du voyage était plus mouvementée car on le sentait stressé, il ne lâchait plus son klaxon ! Enfin plus que d’habitude, car ils ne savent communiquer que de cette façon, on klaxonne au moins 5 fois pour dire je double, 3 fois quand on croise quelqu’un qui aurait peut être l’idée de traverser sans regarder, on ne sait jamais, et des fois quand il y a personne, juste pour que le klaxon ne refroidisse pas…

par Laurent publié dans : Voyages
Vendredi 14 juillet 2006

« Après la saisie à Taiwan de plus de deux tonnes d'ivoire d'origine illégale, les organisations écologistes et notamment le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) s'inquiètent de la reprise du commerce clandestin de l'ivoire. L'ivoire a été découvert dans deux cargaisons transitant de Tanzanie, en Afrique orientale, à Manille (Philippines), totalisant 350 défenses d'éléphants d'Afrique, ce qui représente 175 éléphants morts. Les autorités pensent que cela pourrait être la plus importante saisie effectuée à Taiwan depuis 2000, date à laquelle 332 défenses ont été découvertes, indique l'IFAW. L'organisation note que cette saisie suit également la découverte, en mai 2006, de 3,9 tonnes d'ivoire d'éléphants à Hong Kong – représentant au moins 300 cadavres d'éléphants. Pour le Dr. Joth Singh, Directeur de la Protection de la Faune et de l'Habitat d'IFAW, cette prise d'ivoire énorme signale une tendance inquiétante qui menace les éléphants dont le nombre baisse partout dans le monde. Plus de 1.200 éléphants auront été tués pour produire l'ivoire qui a été saisi au cours de ces quelques dernières années ; et ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg. ll est vraisemblable que de nombreuses autres cargaisons d'ivoire passent les mailles du filet, souligne-t-il.


Le commerce international de l'ivoire d'éléphant a été interdit par la Convention des Nations Unies sur le commerce international des espèces menacées (CITES) en 1989. Pourtant le trafic clandestin sévit toujours, déplore l'organisation.


Certains pays membres de la CITES, à la tête desquels se trouvent la Namibie, le Botswana et la Chine, continuent à solliciter la levée de l'interdiction et une reprise du commerce. Trois pays du Sud de l'Afrique (Botswana, Namibie et Afrique du Sud) ont obtenu en 2002 l'autorisation par la CITES de vendre 60 tonnes d'ivoire stocké, en dépit de l'opposition de nombreux autres états et ONG. Cette vente est soumise à certaines conditions, telles qu'un contrôle réel de l'abattage illégal des éléphants (programme MIKE) et d'une surveillance adéquate du commerce.
 »

Actu Environnement le 10/07/2006

 

Ceci n’est pas nouveau et à toujours été un problème en Chine, et je ne parle pas seulement des éléphants, mais aussi de beaucoup d’autres espèces protégés toujours utilisés dans la cuisine et pharmacopée Chinoise. Pour ce qui est de l’ivoire, il est très commun d’un trouver sur des soi-disant marchés d’antiquités, j’ai même pu apercevoir à Fuzimiao une petite échoppe qui ne vendait que des objets en ivoire sculpté ! J’ai fait un petit scandale, ils avaient l’air de ne pas comprendre pourquoi je m’inquiétais des éléphants...

 

Il y a aussi ce que l’on peut manger, je n’ai pour l’instant vu que quelques brochettes sur un marché de Pékin, entre les différents insectes et lézards on pouvait manger des hippocampes qui sont une espèce protégée également. Il y a plus de chances de tomber sur des plats douteux dans le Sud de la Chine, à Canton il y a un diction qui dit « Les cantonais mangent tout ce qui à 4 pattes sauf les tables… ». Donc il n’est pas rare d’avoir du chien, du chat, tortues plus ou moins protégées, singes, oiseaux…

 

Enfin, dans la pharmacopée, beaucoup d’espèces protégées au plan international sont utilisés, comme les cornes de rhinocéros, la bile d’ours et j’en passe. Par contre c’est plus difficile à voir car dans les magasins les produits sont séchés et coupés, c’est donc réservé aux spécialistes qui parlent chinois ! Il y a quand même des contrôles, même si dans les faits il n’est pas difficile d’acheter de la poudre de corne de rhinocéros. Et au niveau du braconnage, il y a aussi de la répression, même si ça va un peu loin car la sentence pour celui qui tue un panda, c’est la peine de mort !

 

Bref, il ne faut absolument pas encourager ce commerce, ne pas acheter ce genre d’objets, ou manger des espèces protéges. De toute façon vous risquez de gros ennuis à la douane si on vous choppe avec une paire de baguette en ivoire, car en France on rigole pas avec ce type de commerce, il me semble qu’il y a des peine de prison assez lourdes pour tout traffic d’espèces protégés. Et si vraiment vous ne résistez pas à la beauté de l’ivoire, achetez de l’ivoire végétal, il a exactement la même dureté, couleur et brillance ! C’est juste une graine grosse comme un petit œuf !

 

 

Mercredi 12 juillet 2006

Aussi appelé musée du folklore (南京民俗博物馆Nanjing minsu bowuguan), j’étais plusieurs fois passé devant sans m’en rendre compte, il faut dire qu’il n’est pas évident à trouver car il y a aussi des cours de musique et d’art de dispensés, donc à première vue on n’à pas l’impression que c’est un musée. Il est situé dans une petite rue d’un vieux quartier au sud du centre ville que je recommande aussi de visiter ! On fait des rencontres intéressantes en se promenant dans ces dédales de ruelles, bien sûr ce n’est pas les hutongs de Beijing, mais ça reste néanmoins intéressant, et on trouve de jolies architectures.

 

Bref, l’entrée reste relativement modique (10¥) compte tenu de l’intérêt de ce musée et de sa surface, en plus on n’est pas trop dérangé car peu de gens connaissent ce musée, on peut même avoir un guide gratuitement ! Ce grand ensemble est constitué de plusieurs pavillons, cours, jardins entourés de murs avec de belles portes entre chaque. L’architecture est traditionnelle de la région, tous les bâtiments sont en bois, d’ailleurs une bonne odeur de bois se dégage quand on monte à l’étage de certains pavillons !

 

Il se décompose en plusieurs parties, des scènes de vie d’autrefois ont été reconstitués avec de magnifiques meubles et objets. On trouve donc une chambre à coucher, les salles de jeux pour enfant, les cantines, les salles de classes… Ensuite il y a la partie enseignement de certains arts traditionnels, principalement de la musique, je ne sais pas à qui sont destinés les cours, mais en tout cas les bâtiments sont magnifiques ! Et il y a des expositions de vêtements, porcelaines, attributs pour l’opéra traditionnel… Quelques artistes sont également présents, ils présentent leurs œuvres et leur art, et ceux qui ont les moyens peuvent acheter un exemplaire unique signé.

 

J’ai pu faire aussi une petite rencontre insolite, au fin fond du musée, dans une petite cour j’ai pu apercevoir un oiseau dans une cage comme on voit souvent en Chine, je n’y porte pas d’attention particulière… quand j’entends un 你好 (nihao = boujour) alors qu’il n’y avait personne. En me retournant je me rends compte que c’est l’oiseau qui avait parlé ! J’avais entendu auparavant que ces espèces d’oiseaux sont capables de parler comme un perroquet, mais là c’est vraiment impressionnant, le mimétisme de la voix est irréprochable, on à vraiment l’impression qu’une personne parle ! J’arrivais pas à y croire, alors je l’ai filmé me dire 你好 avec le ton masculin, féminin, atchoum, et une phrase en Chinois que je ne comprend pas !

 

Bref je recommande vivement à tous ceux sur Nanjing d’aller y faire un tour, on y passe facilement 2 heures et c’est très intéressant même si les explications en anglais sont inexistantes. Le musée est amené à s’agrandir de plus en plus pour atteindre 40 000m² d’édifices classés une fois la réhabilitation terminée. Et le quartier autour mérite aussi le détour !

par Laurent publié dans : Nanjing
 

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