Cela fait partie des grands problèmes environnementaux dont chaque pays au monde doit faire face, et la situation ne s’améliore pas avec l’amélioration du niveau de vie, car on peut faire aisément une corrélation entre l’augmentation du PIB, et le volume de déchets produits d’un pays. C’est un des paradoxes du problème de la gestion des déchets, plus un pays est riche, et plus la population est sensée être éduqué et avoir conscience des problèmes environnementaux, et plus il y a de déchets produits !
Pour remettre quelques chiffres en tête, chaque Français produit plus d’un kilo d’ordures par jour en moyenne, et en France, la mise en décharge bien qu’interdite, reste encore la solution privilégiée (maintenant ça s’appelle un CET Centre d’Enfouissement Technique, c’est plus encadré, mais ça reste une décharge dans le principe). Tout le monde est responsable, aussi bien les industriels qui mettent du suremballage partout, que les consommateurs qui n’ont pas de gestes eco-citoyens en refusant les produits suremballés, pratiquant le recyclage et tout le reste…

En Chine, il est difficile d’avoir des chiffres sur les productions de déchets, mais la moyenne est d’environ 150Kg/an/habitant (434Kg pour un Français) ce qui est en grande partie du à la population rurale qui produit peu de déchets, car en ville, c’est du même niveau que la France !
Quelle est la nature des déchets en Chine ? Je dirais qu’il y a une grande partie de matières recyclables, beaucoup plus qu’en Europe car on ne fait que très peu ses courses au supermarché (donc on achète peu de produits suremballés). La plupart du temps on achète ses produits frais au marché du coin, et on trouve vraiment tout. Donc au final, il y a beaucoup de matières composables, et de matériaux recyclables.

Où en est le recyclage ? La première chose, est qu’il se fait de façon cachée, la majorité de la population ne s’en occupe pas et n’en n’a pas conscience. Tout se passe un peu dans l’ombre avec une armée de paysans qui fouillent les poubelles à la recherche de bouteilles, cartons, ou tout ce qui peut avoir une valeur marchande. Ensuite ils vont voir un semi grossiste, ou un gars avec sa bicyclette qui va racheter au poids les déchets. Les particuliers peuvent aussi vendre leurs déchets et récupérer quelques yuans, je ne le fait pas, je préfère donner mon sac quand il est plein à un vieil homme qui est tout content que je lui donne ce qui lui permettra de mettre un peu de beurre dans les épinards, ou de se reposer pour la journée. Il existe des poubelles publiques de tri, mais il faut avouer que ça ne sert pas à grand-chose !
Quel est le traitement final ? A 92% les déchets sont mis en décharge, environ 2% sont incinérés, le reste est composté, il faut donc de grandes surfaces autour des villes sans parler de la pollution que cela engendre et des lixiviats qui s’écoulent dans le ruisseau le plus proche. Je n’ai pas encore vu ça de mes yeux, ce sont des endroits difficiles d’accès, et les étrangers avec leur appareil photo ne sont pas les bienvenus, c’est n’est pas l’image que le parti veut montrer de la Chine, il préfère insister sur les vitrines économiques comme Shanghai qui cache l’arrière du décor. Cela reflète bien la culture Chinoise d’aujourd’hui, tout dans les apparences, il faut que ça brille, même si tout est pourri et corrompu derrière…

Bref, je pense que la situation pourrait s’améliorer beaucoup plus facilement qu’en Europe, car il existe déjà tout un réseau du recyclage très bien ficelé, avec des millions de petites mains qui travaille dans l’ombre. Il suffirait d’éduquer la population sur les problèmes environnementaux du traitement des déchets, comment faire au quotidien, et ne pas jeter tout par terre ! Bien sur je ne parle même pas des déchets dangereux, radioactifs, et hospitaliers qui on un traitement comparable…
Sachant qu’en Chine il est plutôt rare d’avoir des graffitis sur les murs (question de culture ou par peur de représailles, je sais pas), quel est le plus connu de tous ? Petit indice on le retrouve souvent dans les vieux quartiers !
Non, ce n’est pas « à mort le parti », ou « plus de libertés »… Même si la majorité de la population le pense, personne ne le dira et encore moins l’écrira ! C’est en fait le caractère chai 拆 qui signifie à démolir, on le rencontre très souvent, à tel point que certaines personnes commencent à faire des jeux de mots, chailand au lieu de dire Chine… Toutes les villes de Chine sont touchées, et Pékin en premier. A Nanjing il subsiste encore quelques îlots, mais ils ne devraient pas résister très longtemps…
Ou plus couramment, Climland. En effet, le principal mode de chauffage en Chine est aujourd’hui la P.A.C. (Pompe A Chaleur, ou plus communément appelé clim réversible). Les nouveaux immeubles sont uniquement équipés de ce système, et la plupart des anciens appartements en sont équipés maintenant. Ces systèmes servent donc à chauffer en hiver et refroidir en hiver pour une consommation d’énergie électrique réduite par rapport aux systèmes traditionnels. Le fonctionnement est assez simple, c’est en fait le même principe que le frigo, c'est-à-dire 2 circuits d’échanges avec un compresseur de fluides. Le système fut inventé il y a plus d’en siècle, d’abord utilisé pour les frigos, il se généralise depuis une vingtaine d’années pour le chauffage et la climatisation.
Ce système permet d’avoir des rendements intéressants avec des « COP » de 3 à 5 pour les meilleures machines (c’est-à-dire que pour 1 KWh électrique consommé par la PAC, on obtient 3 à 5 KWh thermiques, au lieu du ratio 1:1 pour un convecteur électrique). C’est donc un système très intéressant pour faire des économies d’énergies. Tout dépend après de son utilisation… C’est aussi relativement abordable, car les prix chez Carrefour vont de 1500 à 2500¥ pour le système complet (150 à 250€).

Mais le tableau n’est pas si idyllique quand on voit ces bâtiments avec chacun leurs clims et les panneaux solaires sur le toit (l’intégration architecturale c’est une autre histoire !). Premièrement l’isolation des bâtiments en Chine laisse nettement à désirer, il n’y a quasiment pas de contraintes dans le bâtiment en matière d’isolation, les murs sont de vraies passoires, et les ponts thermiques sont nombreux. Ensuite une fois que les gens ont le système installé, ils vont l’utiliser à outrance essayant d’attendre les 22°C dans l’appartement s’il fait 35°C dehors (Il suffit d’avoir 5°C de différance pour avoir une sensation de fraîcheur). Et la maintenance de ces appareils pose problème, car le gaz contenu à l’intérieur du circuit fuit, il faut recharger de temps en temps. Or ce gaz même s’il n’est plus dommageable pour la couche d’ozone depuis quelques années, il reste un très fort gaz à effet de serre ! 20.000 fois plus que le CO2 ! Ce n’est même pas la peine de se poser la question si lors des maintenances ce gaz est récupéré en bonbonne pour être retraité, ça se fait déjà très peu souvent en France !
Pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui voudraient dire que cela reste plus écologique que de se chauffer au gaz par exemple, voici une petite démonstration (valable pour la Chine uniquement, pour la France c’est différent du fait de la production énergétique particulière…) :
La production électrique de la Chine en 2004 se répartie de cette façon (source Observ’ER):
Energies fossiles : 82%
Nucléaire : 3 %
Hydraulique : 15%

82% de la production émet donc beaucoup de gaz à effets de serre, sachant que le rendement électrique d’une centrale thermique est de 30% environ, et qu’une pompe à chaleur à une rendement de 300%, on obtient un rendement global (du charbon à la chaleur dans l’appartement) de 90% environ avec les pertes en ligne ce qui est exactement le même que de brûler directement le charbon ou le gaz dans une bonne chaudière dans l’appartement ou l’immeuble ! On pollue donc pareil à se chauffer au gaz qu’à la pompe à chaleur en Chine, voir même moins car on y gagne en confort, et donc en consommation. Mais tout n’est qu’une question d’image…
(Le calcul est très simplifié, mais le résultat réel n’est pas loin, et la conclusion est la même)
En ce qui concerne le rafraîchissement en été, il suffit de faire attention, fermer les fenêtres le jour avec volets et rideaux si possible, ouvrir la nuit pour rafraîchir, installer un ventilateur de plafond qui fait baisser la sensation de chaleur de quelques degrés pour une consommation énergétique ridicule. Et surtout bien concevoir les bâtiments ! C’est sur que si continue de construire des tours de bureau aquarium, c’est difficile de se passer de clim ! Pourtant les solutions sont simples tout en restant dans une architecture moderne de building, avis aux architectes !

Pour résumer, le système des pompes à chaleur est un très bon système en lui même, cependant il faut faire les maintenances dans les règles, connaître les consignes de bases d’économie d’énergie, et avoir une production énergétique adéquate !
Une chose est certaine, si la Chine est le numéro 1 dans un domaine, c’est dans celui de la production de sacs plastiques pour sa consommation personnelle. Je trouvais déjà qu’en France c’était de la folie, mais en Chine c’est une véritable gabegie ! Ils s’en servent pour tout et n’importe quoi !
Il y a bien sur les courses au supermarché, je n’y vais pas souvent car il n’y a rien de plus que dans les boutiques de quartiers, mais quand j’y vais je prends bien sûr mon cabas. Car là c’est le summum de la consommation, il n’y a pas de possibilité d’acheter des cabas, ou sacs réutilisables, uniquement des sacs jetables. Ensuite la caissière va tout emballer (on emballe pas ses courses) dans des sacs, même si on achète une pile ! Et si il y a des choses lourdes comme par exemple une bouteille il ne vont pas hésiter à doubler ou tripler le sac, du délire total ! Bref je suis à chaque fois obligé de m’expliquer pourquoi je ne veux pas de sacs, voir même obliger la caissière à vider le sac plastique qu’elle avait commencé à remplir sans que je puisse dire ouf, et tout le monde me regarde avec des yeux d’extraterrestres (pire que d’habitude en fait…). Bref il faut vraiment être motivé pour repartir sans sacs plastiques !
Ensuite il y a toutes les petites échoppes et vendeurs ambulants, dans certains cas il n’y a guère de choix comme pour acheter des fruits. Dans ce cas, j’ai toujours un jeu de sacs plastiques dans mon sac que je réutilise à chaque fois. Au début, ça les étonnaient, mais maintenant ils commencent à me connaître vu que j’ai mes habitudes chez certains, ça passe très bien. Petite anecdote qui m’arrive de temps en temps, quand je donne mon sac plastique pour avoir ma livre de fraises par exemple, la nana ne comprend pas trop ce que je lui veux mais prend finalement le sac et le remplis. Par contre le plus drôle c’est qu’après elle prend un de ses sacs pour emballer le mien qui contient déjà mes fraises… Et là, je la regarde dépité avec un long silence, je lui rends son sac sans qu’elle n’ai rien compris…
Une chose qui m’avait surpris en arrivant en Chine c’est le contact direct sac plastique – nourriture. Je m’explique, il ne faut pas s’étonner en Asie (pas qu’en Chine apparemment) que chez le boucher on vous mette votre steak directement dans le sac plastique, ou boire une soupe dans un sac pastique qui recouvre un bol pour éviter de le laver ! Le sac plastique n’est théoriquement pas adapté aux contacts alimentaires, surtout chauds (comme une soupe!) car ça libère les molécules de polyéthylène plus rapidement dans la nourriture. Mais bon, c’est pas ça à la limite qui me gène le plus.
Où en est le recyclage dans tout ça ? Normalement un sac plastique est fait en polyéthylène, ce qui est même plastique que les bouteilles d’eau, mais ce n’est pas toujours le cas, ça serait trop facile ! C’est donc théoriquement recyclable, mais en pratique ça n’est pas fait car c’est trop léger
et il faut en avoir beaucoup avant que cela ai une valeur marchande. J’ai pu croiser quelques Mingong ( 民工 population pauvre d’origine rurale, représentant 10 à 20% de la population « flottante » d’une ville, mais jamais comptabilisée. Elle exécute tous les métiers précaires : recyclages en tous genres, vendeurs ambulants, chantiers etc… Les Chinois des villes ne veulent pas les voir, les méprisent car ils reflètent l’image d’une Chine qu’on essaye de cacher. Mais ils oublient peut être que c’est grâce à eux que la ville ne s’étouffe pas sous ses déchets, qu’ils peuvent manger pour trois fois rien, et avoir une multitude de services pour des cacahouètes. Ce sont ces hommes et femmes qui font vivre le pays, ils ont sans aucun doute leur influence sur les 9% de croissance… En tout cas je les méprisent pas, au contraire, je trouve qu’ils on bien plus de mérite que certaines personnes qui ne pensent qu’à dépenser leur argent dans les grand magasins de Xinjiekou) Bref, je disais donc que je croise de temps en temps des Mingong qui récupère les sacs plastiques, ce sont en général les plus pauvres car la valeur marchande est très faible. En général le sac plastique fini à la décharge, et s’envole au grès du vent pour décorer les montagnes alentours…

Questions subsidiaires : Combien de sacs plastiques sont consommés en Chine par an ? Sachant qu’il y a environ 1 300 000 000 habitants (à quelques dizaines de millions près…), et qu’en moyenne la consommation journalière est de 7 sacs/jour/hab.
Et sachant qu’un sac pèse en moyenne 6 grammes, il faut combien de supertankers de pétrole pour la consommation annuelle de la Chine ? (Bon là c’est pour les spécialistes, car il faut connaître les conversions et les processus de fabrication !) Je donnerais la réponse plus tard après un petit calcul coin de table…
Je rentre pas dans toutes les déclinaisons possibles et variantes de ces questions : Combien d’énergie nécessaire à la fabrication, de fleuves polluées, de paysages défigurés pour 3 à 4 siècles, de guerres pour subvenir aux besoins de pétrole… Tout ça, juste pour un putain de sac plastique alors qu’on peut s’en passer…
En Chine il existe divers façons de se déplacer, bien sur on marche beaucoup, j’ai environ 20min de marche pour me rendre à la fac, mais c’est très courant de parcourir ce genre de distances à pied, alors qu’en France on trouverait ça loin. Je vais essayer de les classer par ordre croissant !

Tout d’abord il est différents engins ou carrioles tirés à bout de bras par les populations les plus pauvres, ils sont adaptés à chaque travail, cela va du balayeur, au recyclage des déchets, au transport de marchandises, au déménagement…

Il y a aussi, bien sur, le symbole de la Chine, le vélo ! Et toutes ses variantes ! Il n’est pas très cher grâce à une politique gouvernementale qui incite à les fabriquer pour le prix maximum d’une semaine de travail au salaire minimum afin que tout le monde puisse s’offrir ce moyen de transport. On trouve donc les premier prix autour de 150¥, j’ai bien l’intention d’en acheter un dès que le temps sera plus agréable, mais je j’opterais pour le modèle « de luxe » à 250¥…

Par contre, le vélo est en train d’être très vite remplacé par 2 autres moyens de transport, les vélos et scooters électriques ! J’étais vraiment étonné d’en voir a
utant, cela représente maintenant plus de la moitié des 2 roues dans la rue, et il ne vend quasiment plus que ça ! Cela reste très abordable, le vélo électrique est à partir de 1000¥ chez Carrefour et le scooter électrique est aux alentours de 2000¥… La batterie est en général détachable en 1 bloc que l’on emmène chez sois le soir pour la recharger. L’autonomie est d’une trentaine de Km et on ne dépasse pas le 50Km/h, mais c’est largement suffisant car on ne fait pas de plus grandes distances en une journée et il est quasiment impossible de dépasser cette vitesse en ville, la moyenne est plutôt de 20Km/h pour les 2 roues. Et puis il est toujours possible de pédaler, ça recharge la batterie !

Ensuite il y a bien sur le Taxi, incontournable en ville quand on à besoin de faire de grandes distances, que les transports en communs ne sont pas disponibles, ou que l’on ne connaît pas l’adresse ou l’on va. Ce n’est pas trop cher, à Nanjing la prise en charge est de 8¥ pour un forfait de 3Km, après c’est 2,4¥ le Km supplémentaire, on s’e tire en général pour 10¥, soit 1€ que l’on divise ensuite entre les passagers (jusqu’à 4 personnes max). J’évite quand même de la prendre car ça a un coût et que c’est pas très écologique, mais ça arrive de n’avoir pas d’autre choix ! Il en général très facile d’en avoir un, ils circulent en permanence (ils représente environ la moitié des véhicules), on attends moins d’une minute, sauf à 18h ou c’est l’heure de manger pour les Chinois (donc tous le monde dehors) et c’est en plus l’heure de changement de shift (entre Taxi jour et Taxi nuit). Il n’est pas rare d’attendre 15min à cette heure là ! Par contre il faut parler un minimum Chinois pour dire la destination, ou l’avoir écrite sur un bout de papier, car ils ne parlent pas Anglais (a part savoir dire un « rhellow », pour certains…)

On peut bien sur prendre le bus, mais cela commence à se corser pour les néophytes, il n’existe pas de plan des lignes de bus (tout ce que j’ai pu trouver, c’est les infos sur la carte touriste de Nanjing, avec le départ et l’arrivée de chaque ligne… c’est déjà un début !). En fait à chaque arrêt sont indiqués les numéros de bus qui s’arrêtent avec la destination et les noms des arrêts en Chinois… L’idéal est de demander aux passants quel bus prendre pour aller à tel endroit. On doit payer 1 ou 2¥ suivant la « qualité » du bus, les « vieux » bus ou l’on paye 1¥ font quand même un peu peur des fois, il n’y a même pas de lumière la nuit, tout le monde est dans le noir, étrange…

Il y a enfin le métro, tout neuf à Nanjing, il n’est composé que d’une seule ligne Nord-Sud, la deuxième est en cours de construction. Il faut choisir sa destination au guichet automatique et le prix s’affiche, cela va de 2 à 4¥. Il n’y a pas grand-chose à redire, les tickets sont en fait des jetons en plastiques qui sont récupérés à la sortie dans les portiques (ils utilisent la technologie RFID pour les connaisseurs, il en est de même pour les cartes de transport que l’on peut acheter dans le banques pour payer le bus et métro avec une réduction de 20%).
C’est rapide, fiable, vivement que le réseau s’étende, ça va faire du tord aux taxis ! Ça ne sera pas plus mal pour l’environnement.
